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Sainte Anne
FAUVE Lyrics


Je sais pas vraiment par où commencer en fait
En même temps je fais pas ça à tous les jours non plus
Donc je vous demande de m'excuser par avance
Si ça part un petit peu dans tous les sens
Ou si je suis trop confus

C'est juste qu'en ce moment
J'ai un petit peu du mal à mettre mes idées au clair
J'ai du mal à trouver mes mots
Enfin voilà je vous dresse le tableau vite fait

Je suis né dans une famille plutôt aisée
J’ai toujours été privilégié
J’ai jamais manqué d’amour, ni de rien d’autre d’ailleurs
Même si ma mère qui vient quand même d’un milieu assez populaire
Etait parfois un peu sévère avec mes frères et moi
A l’école j’étais bon élève, à la maison j’étais poli
Je me souviens pas avoir fait de grosses conneries étant petit
Mais par contre, j’ai fait des études correctes
Et aujourd’hui, je sais que mon parcours est plus ou moins tracé
Disons que je sais où j’arriverai si je continue sur ma lancée
J’aurai probablement une femme et de beaux enfants
Un crédit à payer, un épagneul anglais et un coupé-cabriolet

Et pourtant, mais pourtant vous voyez
Ça fait maintenant presque 6 mois que je dors à peine
Que je peux ne rien bouffer pendant deux jours
Sans même m’en apercevoir
Et quand je me regarde dans le miroir j’y vois un mec bizarre
Pâle, translucide, tellement livide
A faire sourire un génocide

Docteur, je rigole pas
Il faut que vous fassiez quelque chose pour moi
N’importe quoi
Prenez un marteau et pétez-moi les doigts je sais pas
Parce que là je peux vraiment plus, je peux vraiment plus, je peux vraiment plus

Je peux plus sortir dans la rue
Je peux plus mettre les pieds dans des bureaux
De toute façon je suis devenu incapable de prendre le métro
Ça pue la mort, ça pue la pisse
Ça me rend claustro et agressif
Et puis j’ai vraiment l’air d’un gland dans mon costard trop grand
Et mal taillé que même si je voulais faire semblant
Y aurait toujours marqué en gros "troufion" sur mon front
Et puis tous ces gens qui cherchent absolument à s’entasser
Qui poussent, qui suent, qui sifflent entre leurs dents comme des serpents
Mais vas-y du con, monte, monte, t’as raison
De toute façon, t’auras beau être le premier arrivé
A la clé on va tous se taper la même journée scabreuse
Les yeux collés à l’écran de l’ordinateur
Tu te détruis les pupilles à lire en diagonale
Des choses auxquelles t’entraves que dalle
"Nan mais tu comprends, il est hyper important ce dossier
Le client, il raque 300 euros de l’heure
Alors tu te débrouilles, tu vas chercher sur Google s’il faut
Mais tu me finis ça pronto"
C'est compris? C'est compris?
Oui, oui, c'est compris
C’est de ma faute je suis pas assez réactif
Ah c’est drôle oui, collez-moi des gifles
Connard
Et si t’allais plutôt te carrer des poignées de porte dans le cul pour voir?

Bonsoir, merci

J’en ai assez de me taper à déjeuner
Des salades composées
Ou de la barbaque en carton bouilli
De manger sur un coin de table
Puis de passer des après-midis minables à enculer les mouches
Et finir par embrayer sur des "afterworks" entre collègues
Mais quel cafard à croire qu’on aime tellement
Se faire enfler la journée qu’on en redemande le soir

Mais bon, mais bon, faut dire aussi qu’on y rencontre des meufs
Ou plutôt des "célibattantes"
C’est-à-dire des nanas qui comme nous ont des problèmes affectifs
On se présente, on leur raconte des cracks
On leur dit qu’on est collab alors qu’on est à la fac
Et qu’en vrai on passe notre temps
A user nos culs sur des bancs trop étroits
A écouter des types chauves déblatérer
Toute la journée
Sur tout et surtout sur n’importe quoi

Heureusement, nos journées se finissent toujours de la même façon:
On rentre et on se fait beau pour la soirée
On met nos polos cols relevés
Puis on se retrouve au QG
Pour picoler des demis à 5 euros
D’ailleurs, d'ailleurs, d'ailleurs, quand on a un peu de plomb dans l’aile
On a souvent envie de jouer aux rebelles
Et de crier au taulier:
"Dis donc, tu te prends pour qui, enfoiré?
Tu trouves pas que ta bière elle est un peu chère?"
On le ferait si on avait un peu de cran dans nos artères
Mais on préfère se taire
Et continuer à gaspiller notre thune
A user notre salive pour pas grand chose
Et à fumer comme des sapeurs
Histoire de s’amocher à fond avant d’être vieux
D’agrandir les valoches qu’on a déjà sous les yeux

A part ça on parle surtout des filles qu’on a vu sur le net
Et puis de celles qu’on aimerait attraper en soirée
Car ce soir, comme tous les soirs, on va essayer de niquer
Mais surtout pas de faire l’amour
Parce que l’amour, c’est pour les pédés, t'entends?
Rien de bien choquant finalement:
Des gars parlent des filles qu’ils baisent
Des filles qui baisent pour dire qu’elles baisent
La baise, on en garde souvent des regrets
Parfois des maladies
Au fond on fait ça sans plaisir
Sans aucune envie
C’est surtout pour ne plus penser

Ça cache des plaies à vif mais ça c’est un secret
En vérité on est perdus, désœuvrés, désabusés
Seuls comme des animaux blessés
On est tristes et nos cœurs saignent
Mais on se cache derrière nos grandes gueules et nos mots durs
Entre nous on s’appelle "mec", "meuf", "bâtard", "baltringue", "bitch", "gouinasse", "connard"
Parce que sans le vouloir, les autres sont un combat permanent
Décidément docteur, on vit une chouette époque
Et dans une chouette ville aussi

Paris, Paris, Paris
Paris qui sent la carne
Paris la nécropole
Paris qui petit à petit entraîne dans sa chute
Des fragments de nos vies
Paris c’est tellement ça, et nous sommes des gens biens
Tellement biens qu’on est trop biens pour nos voisins
Auxquels on prête pas plus d’attention
Qu’à la pisse derrière la cuvette des chiottes

Parfois j’ai juste envie de hurler:
"T’approches pas de moi! T’approches pas de moi! Me touches pas!
Ne t'approches pas de moi! Ne t'approches pas de moi!"

Docteur, docteur, il faut que tu me fasses un truc pour moi
N’importe quoi
Sinon je risque de cogner une vieille, un passant, un mioche
Et ce sera moche
Ce sera vraiment moche
Et docteur, docteur
Tu sais, ici, c'est Paris
Ici, c'est Paris
P-A-R-I-S
Et Paris ça s'écrit P-A-R-I-S
Tu crois?
Non, non, Paris, ça s'écrit M-E-R-D-E
Paris ça s'écrit M-E-R-D-E
Et docteur, docteur, il faut que tu me fasses un truc pour moi, n'importe quoi
Docteur, docteur, docteur
Docteur, docteur

Lyrics © SONY ATV MUSIC PUBLISHING
Written by: NICOLAS DARDILLAC, PIERRE CABANETTES, QUENTIN POSTEL, SIMON MARTELLOZO, STEPHANE MURAIRE

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• Padi •

Je sais même pas par où commencer en fait 
En même temps c’est la première fois que je fais ça 
Donc vous m’excuserez 
Si ça part un peu dans tous les sens 


Ou si je suis trop confus 

Faut dire qu’en ce moment 
J’ai du mal à mettre mes idées au clair 
À trouver mes mots 
Enfin voilà je vous dresse le tableau vite fait 

Je suis né dans une famille plutôt aisée 
J’ai toujours été privilégié 
J’ai jamais manqué d’amour, ni de rien d’autre d’ailleurs 
Même si ma mère qui vient quand même d’un milieu assez populaire 
Etait parfois un peu sévère avec mes frères et moi 
A l’école j’étais bon élève, à la maison j’étais poli 
Je me souviens pas avoir fait trop de conneries étant petit 


Par contre, j’ai fait des études correctes 
Et aujourd’hui, je sais que mon parcours est plus ou moins tracé 
Disons que je sais où j’arriverai si je continue sur ma lancée 
J’aurai probablement une femme et de beaux enfants
Un crédit à payer un épagneul anglais et un coupé-cabriolet. 

Et pourtant vous voyez 
Ça fait maintenant presque 6 mois que je dors à peine 
Que je peux ne rien bouffer pendant deux jours 
Sans même m’en apercevoir 
Et quand je me regarde dans le miroir j’y vois un mec bizarre 
Pâle, translucide, tellement livide 


A faire sourire un génocide 

Docteur, je rigole pas 
Il faut que vous fassiez quelque chose pour moi 
N’importe quoi 
Prenez un marteau et pétez-moi les doigts je sais pas
Parce que là je peux vraiment plus 

Je peux plus sortir dans la rue 
Je peux plus mettre les pieds dans des bureaux 
De toute façon je suis devenu incapable de prendre le métro 
Ça pue la mort, ça pue la pisse 
Ça me rend claustro et agressif 
Et puis j’ai vraiment l’air d’un gland dans mon costard trop grand 
Et mal taillé que même si je voulais faire semblant 


Y aurait toujours marqué en gros « troufion » sur mon front 
Et puis tous ces gens qui cherchent absolument à s’entasser 
Qui poussent, qui suent, qui sifflent entre leurs dents comme des serpents 
Vas-y du con, monte, monte, t’as raison 
De toute façon, t’auras beau être le premier arrivé 
A la clé on va tous se taper la même journée scabreuse 
Les yeux collés à l’écran de l’ordinateur 
Tu te détruis les pupilles à lire en diagonale 
Des choses auxquelles t’entraves que dalle 
« Nan mais tu comprends, il est hyper important ce dossier 
Le client, il raque 300 euros de l’heure 
Alors tu te débrouilles, tu vas chercher sur google s’il faut 


Mais tu me finis ça pronto » 
Oui, vous avez parfaitement raison 
C’est de ma faute je suis pas assez réactif 
C’est drôle oui, collez-moi des gifles 
Connard 
Et si t’allais plutôt te carrer des poignées de porte dans le cul pour voir ? 

J’en ai assez de me taper à déjeuner 
Des salades composées à 12 euros 
Ou de la barbaque en carton bouilli 
De manger sur un coin de table 
Puis de passer des après-midis minables à enculer les mouches 
Et finir par embrayer sur des « afterworks » entre collègues 
Mais quel cafard à croire qu’on aime tellement 
Se faire enfler la journée qu’on en redemande le soir 



Mais bon, faut dire aussi qu’on y rencontre des meufs
Ou plutôt des « célibattantes » 
C’est-à-dire des nanas qui comme nous ont des problèmes affectifs 
On se présente, on leur raconte des cracks 
On leur dit qu’on est collab alors qu’on est à la fac 
Et qu’en vrai on passe notre temps 
A user nos culs sur des bancs trop étroits 
A écouter des types chauves déblatérer 
Toute la journée 
Déblatérer sur tout et surtout sur n’importe quoi 

Heureusement, nos journées se finissent toujours de la même façon : 


On rentre et on se fait beau pour la soirée 
On met nos polos cols relevés 
Puis on se retrouve au QG 
Pour picoler des demis à 5 euros 
D’ailleurs, quand on a un peu de plomb dans l’aile 
On a souvent envie de jouer aux rebelles 
Et de crier au taulier : 
« Dis donc, tu te prends pour qui, enfoiré ? 
Tu trouves pas que ta bière elle est un peu chère ? » 
On le ferait si on avait un peu de cran dans nos artères 
Mais on préfère se taire 
Et continuer à gaspiller notre thune 
A user notre salive pour pas grand chose 
Et à fumer comme des sapeurs 
Histoire de s’amocher à fond avant d’être vieux 


D’agrandir les valoches qu’on a déjà sous les yeux 

A part ça on parle surtout des filles qu’on a vu sur le net 
Et puis de celles qu’on aimerait attraper en soirée 
Car ce soir, comme tous les soirs, on va essayer de niquer 
Mais surtout pas de faire l’amour 
Parce que l’amour, c’est pour les pédés 
Rien de bien choquant finalement : 
Des gars parlent des filles qu’ils baisent 
Des filles qui baisent pour dire qu’elles baisent 
La baise, on en garde souvent des regrets 
Parfois des maladies 
Au fond on fait ça sans plaisir 


Sans réelle envie 
C’est surtout pour ne plus penser 

Ça cache des plaies à vif mais ça c’est un secret 
En vérité on est perdus, désœuvrés, désabusés 
Seuls comme des animaux blessés 
On est tristes et nos cœurs saignent 
Mais on se cache derrière nos grandes gueules et nos mots durs 
Entre nous on s’appelle « mec », « meuf », « bâtard », « baltringue », « bitch », « gouinasse », « connard » …
Parce que sans le vouloir, les autres sont un combat permanent 

Décidément docteur, on vit une chouette époque 


Et dans une chouette ville aussi 

Paris 
Paris la nécropole 
Paris qui sent la carne 
Paris qui petit à petit entraîne dans sa chute 
Des fragments de nos vies 
Paris c’est tellement sain, et nous sommes des gens biens 
Tellement biens qu’on est trop biens pour nos voisins 
Auxquels on prête pas plus d’attention 
Qu’à la pisse derrière la cuvette des chiottes 

Parfois j’ai juste envie de hurler : 
« T’approches pas de moi ! Me touches pas ! » 

Docteur, il me faut un truc 
N’importe quoi 
Sinon je vais craquer 
Je risque de cogner une vieille, un passant, un mioche 
Et ce sera moche 
Ce sera vraiment moche



Jessyca Lécrivain

Je me marre lorsque mon père ou mon entourage me dit que Fauve "c'est de la merde". J'ai tellement de choses à leur répondre que j'en perd mon sang froid, je tremble. Fauve, c'est devenu ma raison de vivre, de continuer à me lever le matin, c'est mon unique espoir de vivre dans ce monde.

Leurs paroles sont tellement uniques, réalistes, intenses,
et honnêtes.. Comment pouvez-vous comparer Fauve à Maitre Gims (je cite: "Est-ce que tu m'aimes ? J'sais pas si je t'aime") ou du Jul ("sors le cross volé, cabre même si la roure est voilée [...]te déshabilles pas, j'vais t'violer.") (que je ne critique pas).

Fauve, c'est magnifique, c'est réel.


Je les remercie infiniment. Ils m'ont ouvert les yeux sur des tas de choses. Merci.



Paulin

Je sais pas vraiment par où commencer en fait
En même temps je fais pas ça à tous les jours non plus
Donc je vous demande de m'excuser par avance
Si ça part un petit peu dans tous les sens
Ou si je suis trop confus

C'est juste qu'en ce moment
J'ai un petit peu du mal à mettre mes idées au clair
J'ai du mal à trouver mes mots
Enfin voilà je vous dresse le tableau vite fait

Je suis né dans une famille plutôt aisée
J'ai toujours été privilégié
J'ai jamais manqué d'amour, ni de rien d'autre d'ailleurs
Même si ma mère qui vient quand même d'un milieu assez populaire
Etait parfois un peu sévère avec mes frères et moi
A l'école j'étais bon élève, à la maison j'étais poli
Je me souviens pas avoir fait de grosses conneries étant petit
Mais par contre, j'ai fait des études correctes
Et aujourd'hui, je sais que mon parcours est plus ou moins tracé
Disons que je sais où j'arriverai si je continue sur ma lancée
J'aurai probablement une femme et de beaux enfants
Un crédit à payer, un épagneul anglais et un coupé-cabriolet

Et pourtant, mais pourtant vous voyez
Ça fait maintenant presque 6 mois que je dors à peine
Que je peux ne rien bouffer pendant deux jours
Sans même m'en apercevoir
Et quand je me regarde dans le miroir j'y vois un mec bizarre
Pâle, translucide, tellement livide
A faire sourire un génocide

Docteur, je rigole pas
Il faut que vous fassiez quelque chose pour moi
N'importe quoi
Prenez un marteau et pétez-moi les doigts je sais pas
Parce que là je peux vraiment plus, je peux vraiment plus, je peux vraiment plus

Je peux plus sortir dans la rue
Je peux plus mettre les pieds dans des bureaux
De toute façon je suis devenu incapable de prendre le métro
Ça pue la mort, ça pue la pisse
Ça me rend claustro et agressif
Et puis j'ai vraiment l'air d'un gland dans mon costard trop grand
Et mal taillé que même si je voulais faire semblant
Y aurait toujours marqué en gros "troufion" sur mon front
Et puis tous ces gens qui cherchent absolument à s'entasser
Qui poussent, qui suent, qui sifflent entre leurs dents comme des serpents
Mais vas-y du con, monte, monte, t'as raison
De toute façon, t'auras beau être le premier arrivé
A la clé on va tous se taper la même journée scabreuse
Les yeux collés à l'écran de l'ordinateur
Tu te détruis les pupilles à lire en diagonale
Des choses auxquelles t'entraves que dalle
"Nan mais tu comprends, il est hyper important ce dossier
Le client, il raque 300 euros de l'heure
Alors tu te débrouilles, tu vas chercher sur Google s'il faut
Mais tu me finis ça pronto"
C'est compris? C'est compris?
Oui, oui, c'est compris
C'est de ma faute je suis pas assez réactif
Ah c'est drôle oui, collez-moi des gifles
Connard
Et si t'allais plutôt te carrer des poignées de porte dans le cul pour voir?

Bonsoir, merci

J'en ai assez de me taper à déjeuner
Des salades composées
Ou de la barbaque en carton bouilli
De manger sur un coin de table
Puis de passer des après-midis minables à enculer les mouches
Et finir par embrayer sur des "afterworks" entre collègues
Mais quel cafard à croire qu'on aime tellement
Se faire enfler la journée qu'on en redemande le soir

Mais bon, mais bon, faut dire aussi qu'on y rencontre des meufs
Ou plutôt des "célibattantes"
C'est-à-dire des nanas qui comme nous ont des problèmes affectifs
On se présente, on leur raconte des cracks
On leur dit qu'on est collab alors qu'on est à la fac
Et qu'en vrai on passe notre temps
A user nos culs sur des bancs trop étroits
A écouter des types chauves déblatérer
Toute la journée
Sur tout et surtout sur n'importe quoi

Heureusement, nos journées se finissent toujours de la même façon:
On rentre et on se fait beau pour la soirée
On met nos polos cols relevés
Puis on se retrouve au QG
Pour picoler des demis à 5 euros
D'ailleurs, d'ailleurs, d'ailleurs, quand on a un peu de plomb dans l'aile
On a souvent envie de jouer aux rebelles
Et de crier au taulier:
"Dis donc, tu te prends pour qui, enfoiré?
Tu trouves pas que ta bière elle est un peu chère?"
On le ferait si on avait un peu de cran dans nos artères
Mais on préfère se taire
Et continuer à gaspiller notre thune
A user notre salive pour pas grand chose
Et à fumer comme des sapeurs
Histoire de s'amocher à fond avant d'être vieux
D'agrandir les valoches qu'on a déjà sous les yeux

A part ça on parle surtout des filles qu'on a vu sur le net
Et puis de celles qu'on aimerait attraper en soirée
Car ce soir, comme tous les soirs, on va essayer de niquer
Mais surtout pas de faire l'amour
Parce que l'amour, c'est pour les pédés, t'entends?
Rien de bien choquant finalement:
Des gars parlent des filles qu'ils baisent
Des filles qui baisent pour dire qu'elles baisent
La baise, on en garde souvent des regrets
Parfois des maladies
Au fond on fait ça sans plaisir
Sans aucune envie
C'est surtout pour ne plus penser

Ça cache des plaies à vif mais ça c'est un secret
En vérité on est perdus, désœuvrés, désabusés
Seuls comme des animaux blessés
On est tristes et nos cœurs saignent
Mais on se cache derrière nos grandes gueules et nos mots durs
Entre nous on s'appelle "mec", "meuf", "bâtard", "baltringue", "bitch", "gouinasse", "connard"
Parce que sans le vouloir, les autres sont un combat permanent
Décidément docteur, on vit une chouette époque
Et dans une chouette ville aussi

Paris, Paris, Paris
Paris qui sent la carne
Paris la nécropole
Paris qui petit à petit entraîne dans sa chute
Des fragments de nos vies
Paris c'est tellement ça, et nous sommes des gens biens
Tellement biens qu'on est trop biens pour nos voisins
Auxquels on prête pas plus d'attention
Qu'à la pisse derrière la cuvette des chiottes

Parfois j'ai juste envie de hurler:
"T'approches pas de moi! T'approches pas de moi! Me touches pas!
Ne t'approches pas de moi! Ne t'approches pas de moi!"

Docteur, docteur, il faut que tu me fasses un truc pour moi
N'importe quoi
Sinon je risque de cogner une vieille, un passant, un mioche
Et ce sera moche
Ce sera vraiment moche
Et docteur, docteur
Tu sais, ici, c'est Paris
Ici, c'est Paris
P-A-R-I-S
Et Paris ça s'écrit P-A-R-I-S
Tu crois?
Non, non, Paris, ça s'écrit M-E-R-D-E
Paris ça s'écrit M-E-R-D-E
Et docteur, docteur, il faut que tu me fasses un truc pour moi, n'importe quoi
Docteur, docteur, docteur
Docteur, docteur



Zapa Roge

je sais même pas par où commencer en fait. en même temps c'est la première fois que je fais ça, donc vous m'excuserez si ça part un peu dans tous les sens ou si je suis un peu trop confus. faut dire qu'en ce moment j'ai bien du mal à mettre mes idées au clair quand même. j'ai bien du mal à trouver mes mots. enfin voilà, j'vous dresse le tableau vite fait :
je suis né dans une famille plutôt aisée, j'ai toujours été privilégié. j'ai jamais manqué d'amour, ni de rien d'autre d'ailleurs, et même si ma mère, qui vient quand même d'un milieu assez populaire, était parfois un peu sévère avec mes frères et moi. a l'école j'étais bon élève, à la maison j'étais poli. j'me souviens pas avoir fait trop de conneries étant p'tit. par contre, j'ai fait des études correctes, et aujourd'hui je sais que mon parcourt est plus ou moins tracé. disons que je sais où j'arriverais si je continue sur ma lancé. j'aurais probablement une femme et de beaux enfants, un crédit à payer, un épagneul anglais et un coupé-cabriolet.

et pourtant vous voyez, ça fait maintenant presque 6 mois que je dors à peine, que j'peux n'rien bouffer pendant deux jours sans même m'en apercevoir. et quand j'me regarde dans le miroir j'y vois un mec bizarre, pâle, translucide, tellement livide, à faire sourire un génocide.
docteur j'rigole pas, faut que vous fassiez quelque chose pour moi, n'importe quoi, prenez un marteau et pétez-moi les doigts, je sais pas, parce que là je peux vraiment plus.
j'peux plus sortir dans la rue, j'peux plus mettre les pieds dans des bureaux. de toute façon je suis devenu incapable de prendre le métro. Ça pue la mort, ça pue la pisse, ça me rend claustro et agressif. et puis j'ai vraiment l'air d'un gland dans mon costard trop grand et mal taillé, que même si je voulais faire semblant y'aurait toujours marqué en gros « troufion » sur mon front. et puis tous ces gens qui cherchent absolument à s'entasser, qui poussent, qui suent, qui sifflent entre leurs dents comme des serpents.

« vas-y du con, monte, monte, t'as raison ». de toute façon t'auras beau être le premier arrivé, à la clef on va tous se taper la même journée scabreuse. les yeux collés à l'écran de l'ordinateur, tu te détruis les pupilles à lire en diagonal des choses auxquelles t'entraves que dalle.
« nan mais tu comprends, il est hyper important ce dossier, le client il raque 300€ de l'heure, alors tu te débrouilles, tu vas chercher sur google si il faut mais tu me finis ça pronto ».
« ah oui, vous avez parfaitement raison, oui. c'est de ma faute, oui. je suis pas assez réactif. han c'est drôle, oui, collez-moi des gifles. connard. et si t'allais plutôt te carrer des poignées de porte dans le cul pour voir ? »

j'en ai assez d'me taper à déjeuner des salades composées à 12€, ou de la barbaque en carton mouillé. de manger sur un coin de table, puis de passer des après-midis minables à enculer les mouches, et finir par embrayer sur des after-works entre collègues. mais quel cafard. a croire qu'on aime tellement s'faire enfler la journée qu'on en redemande le soir.
mais bon, faut dire aussi qu'on y rencontre des meufs, ou plutôt des « célibattantes », c'est-à-dire des nanas qui comme nous ont des problèmes affectifs. on se présente, on leur raconte des cracks, on leur dit qu'on est collab' alors qu'on est à la fac et qu'en vrai on passe notre temps à user nos culs sur des bancs trop étroits, à écouter des types chauves déblatérer, déblatérer, déblatérer toute la journée, déblatérer sur tout, et surtout sur n'importe quoi. et heureusement, les journées se finissent toujours de la même façon : on rentre et on se fait beau pour la soirée, on met nos polos cols relevés, puis on se retrouve au q.g. pour picoler des demis à 5€. d'ailleurs, quand on a un peu de plomb dans l'aile, on a souvent envie de jouer aux rebelles et crier au tôlier : - « dit-donc tu t'prends pour qui enfoiré, tu trouves pas que ta bière elle est un peu chère ? ». on le ferait si on avait un peu de cran dans nos artères, mais on préfère se taire et continuer à gaspiller notre tune, à user notre salive pour pas grand chose, et à fumer comme des sapeurs, histoire de s'amocher à fond avant d'être vieux, d'agrandir les valoches qu'on a déjà sous les yeux.
a part ça on parle surtout des filles qu'on a vu sur le net, et puis d'celles qu'on aimerait attraper en soirée, car ce soir, comme tous les soirs, on va essayer de niquer. mais surtout pas de faire l'amour, parce que l'amour, c'est pour les pédés.
rien de bien choquant finalement.
des gars parlent des filles qui baisent, des filles qui baisent pour dire qu'elles baisent. la baise, on en garde toujours des regrets, parfois des maladies. au fond on fait ça sans plaisir, sans réelle envie. c'est surtout pour ne plus penser. ca cache des plaies à vif, mais ça c'est un secret. en vérité on est perdus, désœuvrés, désabusés, seuls comme des animaux blessés. on est tristes et nos cœurs saignent, mais on se cache derrière nos grandes gueules et nos mots durs. 
entre nous on s'appelle mec, meuf, bâtard, baltringue, bitch, gouinnasse, connard, parce que sans le vouloir, les autres sont un combat permanent.
décidément docteur, on vit une chouette époque, et dans une chouette ville aussi.
paris, paris la nécropole, paris qui sent la carne, paris qui petit à petit entraîne dans sa chute des fragments de nos vies. paris c'est tellement sain, et nous sommes des gens biens, tellement biens qu'on est trop bien pour nos voisins, auxquels on prête pas plus d'attention qu'à la pisse derrière la cuvette des chiottes.
parfois j'ai juste envie de hurler « t'approche pas de moi, t'approche pas de moi, me touche pas, me touche pas, t'approche pas de moi ! »
docteur, il me faut un truc, n'importe quoi, sinon je vais craquer, je risque de cogner une vieille, un passant, un mioche. et ce sera moche, ce sera vraiment moche.



Arthur Challat

Fauve, des mots directs, crus, pour nous faire prendre conscience de la cruauté et de la dureté de la vie. Pour expulser le mal être, extérioriser. Se lâcher.

Sans artifices, sans détour.

Du point A au point B.

Sans tergiversations.

Saint Nosferatu, ça fait du bien !



w0bst

@Gilbakjr "tagueul" q+

Plus sérieusement, quand on essaye de reprendre quelqu'un sur son orthographe,on essaie d'être un minimum convaincant.


"ça SERAIT quand MÊME encore plus convaincant".


Allez, Ciao, petit.



All comments from YouTube:

Jason Intrv

Qui écoute encore en 2019,2020,2021. C'est trop fort

elea . exe

pour toujours

Marlo Art

Présent également ! :-)

HIJIX 0478

Yesssss

Clara.

Présente :))

Anna_Na Ma

J'écoute et écouterai encore Fauve pendant longtemps...

4 More Replies...

Alice Btu

Quand j'ai connu ce son, j'étais en 6ème, j'étais encore une enfant dans ma tête, je me disais "Ouais Fauve c'est stylé c'est grave rebelle", sans vraiment écouter les paroles. Aujourd'hui j'ai 18 ans et je me dis putain mais qu'est-ce que je suis conne, tout ce qui est dit est tellement vrai et sincère, je me reconnais vraiment dans toutes les paroles. Comme j'ai pu le lire dans un des commentaires en dessous, Fauve, c'est l'espérance que l'on n'a plus. Fauve dit tout haut ce que personne n'est capable de dire, mais que tout le monde aimerait crier.

Jonathan Claine

Yessss

Camille DURIEZ

Je l’écoutait dans ma voiture étant petite avec mes parents. Ma vie a bien changé depuis. Et franchement maintenant les paroles ont un sens pour moi

marie jeanne crapaud

@Pholz bravo. Très drôle !

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