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Nocturne In C Sharp Minor Op.Posth
by Dame Moura Lympany

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Comments from YouTube:

Martha Allen

I used to play Moura Lympany nocturnes of Chopin in my flat in Bath and dance and feel the poetry of expression through movement thank you Moura

pianopera

Didn't even know she recorded all of them! One of my favourite British pianists, mille merci pour ce cadeau!

Tom Woods

I used to listen to this album. I still think it’s the best interpretation of his nocturnes I’ve ever heard.

sirdicaudore

Quel cadeau!!!

titomun123

Le Lac

- Lamartine (Alphonse de)


Ainsi, toujours pousses vers de nouveaux rivages,

Dans la nuit eternelle emportes sans retour,

Ne pourrons-nous jamais sur l'ocean des ages

Jeter l'ancre un seul jour?

O lac ! l'annee a peine a fini sa carriere,

Et pres des flots cheris qu'elle devait revoir,

Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre

Ou tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,

Ainsi tu te brisais sur leurs flancs dechires,

Ainsi le vent jetait l'ecume de tes ondes

Sur ses pieds adores.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence;

On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,

Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence

Tes flots harmonieux.

Tout a coup des accents inconnus a la terre

Du rivage charme frapperent les echos

Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chere

Laissa tomber ces mots :

" O temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !

Suspendez votre cours :

Laissez-nous savourer les rapides delices

Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,

Coulez, coulez pour eux;

Prenez avec leurs jours les soins qui les devorent,

Oubliez les heureux.
" Mais je demande en vain quelques moments encore,

Le temps m'echappe et fuit;

Je dis a cette nuit : Sois plus lente; et l'aurore

Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,

Hatons-nous, jouissons !

L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive;

Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,

Ou l'amour a longs flots nous verse le bonheur,

S'envolent loin de nous de la meme vitesse

Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?

Quoi ! passes pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !

Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,

Ne nous les rendra plus !

Eternite, neant, passe, sombres abimes,

Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?

Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes

Que vous nous ravissez ?

O lac ! rochers muets ! grottes ! foret obscure !

Vous, que le temps epargne ou qu'il peut rajeunir,

Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,

Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,

Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,

Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages

Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zephyr qui fremit et qui passe,

Dans les bruits de tes bords par tes bords repetes,

Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface

De ses molles clartes.

Que le vent qui gemit, le roseau qui soupire,

Que les parfums legers de ton air embaume,

Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,

Tout dise : Ils ont aime !

Nuria

Gracias

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